Classé dans Non classé le 26/02/2012 par Pascal – Laisser un commentaire


Il s’agit d’une rencontre. Inattendue, elle accentue la visibilité du matériau, la couleur ouvre l’esprit, la main guide le cÅ“ur. L’expérience de la découverte transforme alors l’énergie contenue dans le paysage et recompose la topographie du site. lire la suite »

Enfance de l’arme une sculpture en pierre d’Estaillades, 63×34x35cm, réalisée en taille directe dans l’atelier de l’artiste à Villeneuve-lez-Avignon (Gard-France), terminée en octobre 2011.
Le titre de cette sculpture sonne comme autant de clés pour ouvrir nos sens.

La sculpture, visible dans la galerie « Enfance de l’arme» du site.
Sculpture en pierre et images de Pascal François, travelling de fin par Frédéric Dussault.
Sur l’ouverture de L’apprenti sorcier de Paul Dukas, l’atelier de l’artiste et son environnement spécifique mettent en scène le processus de taille et la notion de temps
qui l’accompagne.
Une métamorphose, renouvelée dans le geste de l’artiste.
« Lieu ombragé des adoptions spontanées, ou, selon le caprice d’une fatalité joueuse, point de chute d’un dé sans face où s’abreuvent le hérisson et l’ami de passage, le jardin s’étire comme un couloir à ciel ouvert. Derrière le rideau de végétation, par un sentier de quelques dalles serpentines mangées par l’herbe et les figuiers, se retranche l’atelier où règne en maître sobre le coeur insoumis de l’artiste. Rien de plus qu’un mur creux, un antre de poussière et d’outils. Niche d’Hadès soustraite à l’intrus, ouverte à l’initié qui n’est pas qui l’on croit. Animal et mutique.»
Extrait d’un texte de Aurélia Maillard Devancer la parole, car le geste est primordial (2011)

« Croire qu’il est un remède à l’obscurité du langage.
Y croire et ne plus fermer les yeux.
Veiller jusqu’à l’usure, main, corps, peau contre la pierre.
Croire qu’il est un remède au silence de la forme, à l’à plat de la couleur.
Y croire, et ne plus sceller les sens.
Sentir jusqu’à l’usure. Regard, main, corps tendu vers la matière…»
Devancer la parole, car le geste est primordial – Aurélia Maillard – 2011

« Des oiseaux » 25 x 33 x 3cm.
Deux cartons à dessins numérotés destinés à la conservation des gravures
originales de l’ouvrage « Des Oiseaux » de May Angeli. lire la suite »

Les deux premiers volets de la série des anges se côtoient, attente partagée de ce moment précis, lorsque soudain, la polymérisation fait éclater les couleurs.
Vibration de notre perception rétinienne, force, révélation.
La structure et l’essence du mouvement, dans le noir se confondent, endurent la vie, sa violence, ses éclats. D’anges déchirés, exaltant l’ombre et la lumière d’une comédie, d’anges totémiques au bleu des cathédrales suspendus.
Dans la pensée mystique, de nos informes espérances, ils sont les protecteurs tourmentés… lire la suite »

Les sculptures en pierre sont miroirs de l’âme.
Leur surface, ce mur contre lequel vient frapper l’imaginaire, libère sous les entailles l’éclat d’une émotion nouvelle. La nature de l’œuvre est sensorielle.
Travail sans ébauches, spontané, libre, la taille directe est ici entièrement réalisée à la main. Elle est l’aboutissement d’une relation, celle du sculpteur avec la pierre.
Regard détaché, il refuse toute vision achevée, préserve le doute.
Pressentir le lien profond entre les formes annonce la métamorphose.
Le corps, récepteur de l’intelligence du geste, capte la force créatrice en devenir.
Ce que l’on retire au premier regard, c’est la ligne extérieure.
Taillée dans la pierre, la courbe suit le chemin des énergies contenues dans le bloc, mémoires élémentaires du mouvement des sols.
De chaque étape émerge une figure ouverte, une forme intermédiaire.
Lorsque le temps nourrit l’œuvre, la mémoire de la globalité des mouvements s’inscrit dans l’atelier, espace où se déconstruit la matière, bulle où le temps prescrit des règles uniques de lumière et de sons.
« Le geste, une pulsation accélérant le rythme du cœur.
Les deux se rejoignent, puis le geste se tait,
Abandonnant le cœur à son galop solitaire
Au terme d’une exacte profondeur. »
Rythmique alternative : entre le temps de l’outil et celui de la main résonne la pulsation de la vie. Les coups portent la cadence d’un ballet primitif où le corps-outil se plie aux exigences de la main. Martèlements de la matière et de l’ossature en retour libèrent une énergie fondatrice. De la répétition à la méditation, dans la musicalité du regard, l’ébauche de l’œuvre devient symbole d’espoir. Par le geste, le rythme de la vie installe son rayonnement dans la pierre.
Structure vivante aux racines cervicales, mystérieux parfum de l’enfance, dans sa confrontation avec le monde chaque sculpture recèle une vie à part entière. La densité de notre existence y fait écho. La sculpture concentre les forces rendues visibles et s’offre ainsi à tous les regards. Ni représentation ni figuration, l’abstraction qui rejoint la nature ne recherche donc pas une forme originale mais plutôt le courant lui permettant de prendre corps.
L’important, c’est l’action répétée, le maintien dans la certitude de l’enjeu. Sitôt remise à l’œuvre, la main retrouve la mémoire du geste, l’œil celle des émotions. De nouveau l’expérience s’engage dans une recherche tactile de l’éternité du mouvement.
Pascal François 2010

Nos’arts est un magazine culturel en ligne gratuit. Il se positionne sur le créneau de l’accès à la culture pour tous en prévoyant des distributions dans les lieux culturels mais aussi dans des endroits de passage.
L’édition de janvier 2011, un numéro « spécial facebook » dédié aux artistes peintres, sculpteurs et photographes présents sur ce site communautaire. La sélection comprend, pour la sculpture, les artistes Marianne Monnoye–Termeer, Deev Vanorbeek et Pascal François.